Assemblée nationale : Ousmane Sonko fait de la reddition des comptes une exigence envers le peuple

« Et cette dette-là, aucun gouvernement ne peut la renégocier », a déclaré le chef du gouvernement, soulignant que la reddition des comptes constitue un principe fondamental de la gestion publique.
À l’ouverture de la session unique de l’Assemblée nationale, ce mardi, le Premier ministre Ousmane Sonko a insisté sur l’obligation des responsables publics de rendre compte de leur gestion. Devant les députés, il a défendu la transparence dans l’utilisation des ressources publiques, tout en rappelant la nécessité de protéger la vie privée et de respecter la présomption d’innocence.
« Il a une dette envers le peuple, celle de s’expliquer. Et cette dette-là, aucun gouvernement ne peut la renégocier », a déclaré le chef du gouvernement, soulignant que la reddition des comptes constitue un principe fondamental de la gestion publique.
Reddition des comptes des responsables publics
Pour étayer son propos, Ousmane Sonko a cité l’article 15 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, selon lequel : « La société a le droit de demander compte à tout agent public de son administration. »
À travers cette référence, le Premier ministre a rappelé que la transparence ne relève pas d’une faveur accordée par les gouvernants, mais d’une exigence liée à l’exercice de responsabilités au nom de la collectivité. Les responsables publics doivent ainsi être en mesure de justifier leurs décisions et d’expliquer l’utilisation des ressources dont ils ont la charge.
Ousmane Sonko a également évoqué la pensée du philosophe Emmanuel Kant pour souligner l’importance de la publicité des décisions dans l’appréciation de leur caractère juste.
« Toute décision qui ne supporte pas d’être rendue publique est suspecte », a-t-il affirmé.
Le chef du gouvernement a toutefois précisé que la transparence ne signifie pas qu’il faille tout dévoiler. Selon lui, l’obligation de rendre compte ne doit pas conduire à exposer inutilement les personnes, à transformer les procédures en spectacles publics ou à porter atteinte à la présomption d’innocence.
Il a ainsi défendu la nécessité de préserver certaines informations confidentielles, tout en mettant en garde contre l’utilisation de cette confidentialité pour dissimuler des éléments relevant de l’intérêt général.
« La transparence n’exige pas de tout montrer. Elle oblige simplement à rendre intelligible ce qui nous concerne tous », a-t-il expliqué.
Initiatives pour le contrôle des fonds publics
Dans son intervention, Ousmane Sonko a également fait allusion aux initiatives parlementaires visant à renforcer le contrôle des fonds dits spéciaux. Cette question renvoie plus largement aux mécanismes de vérification de l’utilisation des ressources publiques et à la nécessité d’améliorer la lisibilité de leur gestion.
Pour le Premier ministre, la transparence constitue aussi un levier essentiel pour renforcer la confiance entre les citoyens et les institutions. Cette confiance, a-t-il souligné, ne peut reposer uniquement sur l’autorité des fonctions occupées ou sur des promesses. Elle doit se construire à travers la cohérence entre les engagements et les actes, ainsi que la possibilité pour les citoyens de vérifier les affirmations des responsables publics.
À travers ce discours d’ouverture, Ousmane Sonko a ainsi remis au centre du débat la question de la responsabilité des dirigeants et du contrôle démocratique de la gestion des ressources publiques.
- Libération
- Le Dakarois
- La Voix +
- L’As
- Grand Panel
- Source A
- Le Témoin
- Dakar Times
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