RDC – Constitution : L’Église catholique met en garde contre « une rupture du pacte républicain »
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Dans une déclaration au ton ferme, la Conférence épiscopale nationale du Congo dénonce la volonté de changer la constitution du 18 février 2006. Pour l’église, toucher aux articles verrouillés ferait courir au pays des « risques énormes, dont la balkanisation ».
L’Église catholique durcit le ton face aux velléités de changement de la constitution. Dans une prise de position rendue publique, Donatien Nshole, alors porte-parole de la CENCO, a dénoncé une manœuvre visant à « offrir un autre cycle de mandat à l’actuel président de la République ».
Pour la CENCO, cette démarche remet en cause « un compromis politique historique chèrement acquis après toutes les crises connues dans le pays depuis l’indépendance ». L’épiscopat vise directement la loi sur le référendum, votée selon lui « sous prétexte de combler un vide juridique ».
Selon Donatien Nshole, cette loi ouvrirait la voie à une consultation populaire qui permettrait de toucher, « en violation de l’ordre constitutionnel, aux matières intangibles déjà verrouillées par l’article 220 ».
Le porte-parole de la CENCO rappelle que cet article, qui verrouille notamment le nombre et la durée des mandats présidentiels, « représente un véritable rempart contre la dictature et la privatisation de l’État ». La mise en garde de l’Église porte aussi sur les conséquences. « Tout passage en force dans cette direction comporte des risques énormes, dont la balkanisation du pays », a martelé Donatien Nshole. Il redoute également le « déclenchement d’une autre guerre civile » dans un contexte où « les rivalités politiques revêtent des connotations ethniques et tribales ».
Au terme de ce qu’il qualifie de « profond discernement », la CENCO affirme ne voir « ni la nécessité, ni l’urgence, ni l’opportunité du changement de la constitution ».
Pour l’Église catholique, la priorité en RD Congo reste « la paix, le bien-être social du peuple congolais, l’unité et la cohésion nationale ».
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