July 30, 2026

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Frontières ouvertes et riposte renforcée pour freiner Ebola

SantéRépublique démocratique du Congo

Frontières ouvertes et riposte renforcée pour freiner Ebola

Carole Assignon
30 juillet 2026

Alors que l’épidémie d’Ebola menace également de plus en plus la sécurité alimentaire en RDC, l’Onu appelle à une intensification de la riposte et demande aussi aux États de maintenir les frontières ouvertes.

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Ouganda Mpondwe | Passage de la frontière vers le Congo

Plus de 3 000 cas confirmés, près de 1 500 décès selon le dernier bilan du gouvernement… L’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo continue de gagner du terrain et les organisations humanitaires ne cessent d’alerter sur sa rapidité de propagation. 

Le nombre de cas d’Ebola augmente de “façon exponentielle, doublant tous les 20 jours” : c’est ce qu’a déclaré Julien Harneis, coordinateur principal des Nations unies pour Ebola, lors d’un point de presse. Il estime que la vitesse de propagation de l’épidémie est bien plus rapide que celle de la riposte. 

Laisser les frontières ouvertes

Certains pays avaient pris des mesures de restriction ou fermé leurs frontières en réponse à cette 17ᵉ épidémie d’Ebola en RDC.

Malgré les recommandations contraires de l’OMS, le Rwanda avait fermé ses frontières terrestres avec la RDC et interdit l’entrée aux étrangers ayant séjourné dans ce pays. Début juillet, une réouverture partielle des frontières a toutefois eu lieu avec des mesures comme le lavage des mains et la prise de température.

Ouganda Bundibugyo 2026 | Lutte contre Ebola à la frontière avec la République démocratique du Congo

L’Ouganda avait aussi fermé temporairement ses postes-frontières avec la RDC, tout en maintenant des exceptions pour l’aide humanitaire, la sécurité et le transport de marchandises.

Hors d’Afrique, il y a aussi le Canada qui a annoncé, durant ce mois de juillet, la fermeture de ses frontières aux ressortissants étrangers ayant séjourné en RDC au cours des 21 jours précédents, en plus de suspendre le traitement de certains documents d’immigration pour la RDC, l’Ouganda et le Soudan du Sud.

Dans le contexte actuel, il est toutefois important, selon l’Onu, de laisser les frontières ouvertes pour assurer l’acheminement rapide du matériel médical, garantir l’entrée des équipes d’intervention et permettre aux soignants de se déplacer sans entrave en RDC.

Le fait de bloquer les passages frontaliers peut en effet pousser les populations vers des chemins qui ne sont pas contrôlés et cela peut compliquer la surveillance d’Ebola.

L’impact sur la sécurité alimentaire

Selon le Programme alimentaire mondial, le Pam, l’épidémie est une “crise qui s’ajoute à une autre crise”. L’Ituri, qui est l’épicentre de l’épidémie d’Ebola, est parmi les régions les plus touchées, avec 1,9 million de personnes ayant besoin d’aide alimentaire. 

“Il y a des patients qui ne sont pas pris en charge par les humanitaires, ou, par exemple, par le gouvernement… Ce sont leurs familles qui les prennent en charge. Et au niveau des denrées alimentaires, ça impacte au niveau des communautés de base” explique Butoto Bigiri Naum, responsable de l’organisation “Action pour le développement et le bien-être des communautés” (UGEAFI). Cette ONG met en œuvre les projets d’aide d’urgence contre Ebola, actuellement menés en RDC par l’ONG allemande Help et est active auprès des populations rurales et vulnérables sur le plan sanitaire mais aussi nutritionnel.

République démocratique du Congo, distribution de nourriture dans un camp de réfugiés

Il explique que les restrictions aux frontières ont perturbé les approvisionnements en nourriture et en intrants agricoles, ce qui a des conséquences “pour avoir des intrants, par exemple les semences et les outils, ça pose énormément de problèmes…” 

Selon le Pam, plus de 2,65 millions de personnes dans les zones de santé touchées par Ebola sont confrontées à une insécurité alimentaire aiguë en RDC, dont plus de 628 000 en situation d’urgence. Et ce sont généralement les enfants et les femmes, notamment les femmes enceintes, qui sont les plus impactés par l’accès restreint aux aliments.

L’épidémie d’Ebola est un facteur aggravant de l’insécurité alimentaire en raison notamment des restrictions de circulation qui entraînent des perturbations dans l’approvisionnement en vivres. La rareté des produits sur les marchés entraîne une hausse des prix. Difficile donc pour les ménages de se procurer certains vivres et donc de se nourrir correctement. 

L’épidémie peut aussi avoir un impact sur le secteur agricole. Outre les difficultés à se fournir en intrants, la peur de la contagion et de la perte de main-d’œuvre peuvent pousser les agriculteurs à délaisser leurs terres, entraînant à long terme une baisse des récoltes et donc une situation de famine. 

Pour éviter une catastrophe, le Pam fournit une aide alimentaire aux patients atteints d’Ebola, aux personnes ayant été en contact étroit avec des personnes infectées, mais aussi aux intervenants de première ligne et aux ménages touchés.  

L’objectif est d’aider les populations à respecter les mesures de confinement, tout en allégeant la pression sur les familles alors qu’elles peinent déjà elle-même à satisfaire leurs besoins alimentaires de base. 

L’aide alimentaire contribue par ailleurs à réduire les déplacements de population en quête de nourriture et crée les conditions sociales plus favorables pour une meilleure intervention des acteurs de la santé.